Quand les salariés s’organisent pour prendre en main le service public en période de crise sanitaire

Ce qui suit est le tract diffusé par les moyens du moment par le syndicat CGT des Chemi,nots de Paris Montparnasse

Stop aux circulations inutiles !

En cette période de confinement et de bataille contre le COVID19, qui va malheureusement faire de nombreuses victimes, le syndicat CGT des cheminots de Paris Montparnasse s’organise dans l’intérêt des cheminots et autres personnels de la gare. C’est d’autant plus indispensable car beaucoup de nos dirigeants font preuve d’une irresponsabilité dans la gestion de la crise, notamment en matière de protection sanitaire des cheminots, des salariés de la sous-traitance et des usagers. La situation impose un confinement le plus strict pour un maximum de nos concitoyens pour limiter la propagation et fournir le temps nécessaire au corps médical de prendre en charge correctement les malades. Malgré cela, le service public ferroviaire doit être là pour répondre aux besoins les plus indispensables à la vie de notre société. Transport des soignants, des salariés travaillant pour notre alimentation, salariés des autres services publics ou autres activités indispensables et surtout sur la question de l’approvisionnement par le transport des marchandises.

Les TGV ont-t-ils une utilité à circuler aujourd’hui ? Pour le syndicat CGT de PMP c’est NON!

L’organisation du Service Public Voyageurs doit être re-centrée sur une réponse aux besoins absolument nécessaires. Il faut pour cela d’abord recenser précisément les besoins en transport, en définissant les activités indispensables et les personnels nécessaires, en privilégiant le transport de proximité, en limitant les transports en commun au strict indispensable, etc…

Arrêt de toute activité non-indispensable aux besoins vitaux de la population !

La totalité du corps médical en appelle au sens civique de la population en lui demandant de limiter au strict minimum les déplacements pour étaler le flux de malades graves à traiter. La position du gouvernement et du MEDEF, qui somme les salariés à se rendre au travail, est aussi insensée que criminelle. Pire, ces gens qui nous dirigent ou qui nous ordonnent, veulent monnayer notre santé avec leur prime de « risque » de 1000 euros ! C’est d’un cynisme sans limite car ils demandent à des salariés, en précarité financière, de sacrifier potentiellement leur vie. Cela relève du mépris le plus total de la vie humaine. Cela montre la véritable nature de ceux qui nous gouvernent ou qui nous dirigent.

Et que dire de l’explosion de ce qui restait du Code du Travail, voté en urgence au parlement par la quasi-totalité des députés et sénateurs, donnant les pleins pouvoirs au gouvernement à légiférer par ordonnances sur le sujet.

Après avoir cassé le système de santé publique français, après avoir fait preuve d’une totale incompétence dans les mesures préventives face au coronavirus, ils tentent désormais de rattraper leurs erreurs tragiques en obligeant une majorité de salariés au confinement total à domicile. Et comme ils gardent toujours leur point de vue de classe, celui de la classe possédante, à la demande du MEDEF, ils donnent désormais au patronat le droit d’imposer les congés, les RTT, les VT. Leur point de vue, c’est : ceux qui sont confinés ne travaillent pas pour eux, alors ils pensent qu’ils ne doivent pas les payer ! Ces types sont définitivement nuisibles pour tous les salariés. Et pour toute la société, c’est maintenant plus que confirmé !

Qui dit service public, dit protection maximum de ceux qui le font !

Chaque cheminot qui doit, par nécessité absolue se rendre sur son lieu de travail et y exercer une activité, doit pouvoir le faire en toute sécurité. Mise à disposition de moyens de prévention, de désinfection, matériel de protection, etc…

et au moindre doute, doit se retirer en utilisant son droit de retrait. De plus, aucun cheminot ne doit travailler dans un état de fatigue (donc NON aux dérogations sur la réglementation du travail de la loi d’urgence sanitaire).

Le transport ferroviaire de marchandises utiles au peuple doit devenir une priorité

La question du transport de marchandise et de FRET SNCF doit être posée. Des années de destruction du service public de marchandises montrent qu’aujourd’hui les réponses aux besoins d’approvisionnement vitaux ne sont pas à la hauteur. Pourtant, ne serait-il pas plus judicieux de privilégier 1 train plutôt que 30 camions (y compris en termes de besoins de protection des salariés nécessaires) ? Là-dessus encore, nous payons les politiques désastreuses et nous devront en tirer toutes les conséquences pour les temps à venir.

Cela pose la question de la place du ferroviaire comme service public dans notre société notamment dans la crise sanitaire historique que nous traversons. Servir le peuple en le transportant et acheminer les marchandises qui lui sont utiles, n’est-ce pas la finalité de notre travail ?

La pertinence et l’utilité des circulations engagées dans la période doit être la question fondamentale que nous devons nous poser ! Quitte à stopper toute circulation ferroviaire en matière de voyageurs si le corps médical, les experts pour la santé comme nous le sommes sur le transport ferroviaire, finissent par le demander !

Comme pour le système de santé, le service public ferroviaire est fragilisé

Voilà pourquoi nous avons lutté par la grève en 2014 et 2018 contre les réformes successives du secteur ferroviaire qui ont amené à la transformation de la SNCF en 5 sociétés anonymes. On voit d’ailleurs dès aujourd’hui les conséquences avec de nombreux dysfonctionnements ces derniers jours où nos directions ont fait preuve d’indécisions coupables, multiplié les ordres contradictoires, passé plus d’énergie à contester les droits de retrait et mettre en demeure  de reprendre le travail que de fournir les moyens élémentaires de protection, contesté aussi les déclarations de garde d’enfants etc…

Devant le bilan en perte de vie humaine, ces dirigeants, tout comme les membres du gouvernement et E. Macron, devront rendre des comptes et être jugés. Qui ne se souvient pas de ce fameux samedi 29 février où lors d’un Conseil des ministres théoriquement consacré à la lutte contre le « Covid19 » où, au lieu de prendre des décisions sur les moyens de prévention, de dépistage et de protection, le 1er ministre a dégainé le 49-3 pour passer en force la retraite par points après plus de 56 jours de grève reconductible ? Irresponsable ou criminel ?

La réforme est certes suspendue mais ce gouvernement méprisant, dont l’incompétence devient chaque jour plus évidente, continue de sévir et cela devient immédiatement très inquiétant pour la survie de milliers, voire de centaines de milliers de français. Les mesures prisent, trop tardivement, ne peuvent suffire pour les disculper, car des milliers de morts auraient pu être épargnés.

Le syndicat CGT des cheminots de la gare de Paris Montparnasse se tient à disposition des cheminots et de tous les personnels y travaillant pour les aider à affronter la situation. Nous ne mettrons pas entre parenthèses nos revendications, d’autant plus que nous considérons le gouvernement et la direction SNCF comme responsables de la crise dramatique que nous traversons. Rien ne redeviendra plus comme avant. Et les responsables, à tous les niveaux, devront répondre de leur incurie.

Pour nous contacter en cette période de privation forcée de libertés : cgt.pmp@gmail.com

Paris, le 23 mars 2020

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